jeudi 4 mars 2010

Noyade du thon rouge entre Leclerc et Greenpeace

A grand renfort de pages de pub dans les journaux, l'enseigne Leclerc cherche à se positionner en acteur responsable, et en ce moment ses campagnes concernent la pêche et la protection d'espèces menacées.

Les organisations de protection de l'environnement demandent effectivement depuis de nombreuses années la fermeture de la pêche au thon rouge pour éviter l'effondrement du stock et la disparition d'une ressource millénaire. Et pour Greenpeace, la seule solution pour sauver le thon rouge passe par une interdiction totale du commerce international de l'espèce. Option que le Grenelle de la Mer a retenue!

Alors Leclerc nous a concocté une petite campagne presse qui n'a pas du tout plu à Greenpeace:

Greenpeace accuse Leclerc de "flagrant délit de manipulation publicitaire.
Pourquoi?
Le texte de la pub dit que l'enseigne a décidé "de ne proposer que du thon rouge provenant exclusivement de la pêche artisanale". Cette phrase est suivie d'un astérisque qui renvoie à une note de bas de page écrite en tout petit : "excepté les 28 senneurs listés en annexe 1 de l'arrêté du 28 janvier 2010".
Et alors? Où est le problème?
L'ONG rappelle que "la flotte française comptait en 2009 effectivement 28 thoniers senneurs, bateaux industriels de pêche qui sont précisément les principaux prédateurs du thon rouge de Méditerranée".

Greenpeace reproche également à Leclerc de se vanter d'être un acteur "remarquablement responsable car il se contente de respecter les lois en vigueur".

Mais, cette fois l'association est peut-être allée un peu trop vite!
Sur le thon rouge, la phrase mise en exergue par Greenpeace peut effectivement être lue de 2 manières différentes :
- soit Leclerc s'engage bien à ne plus commercialiser que du thon rouge pêché artisanalement... et pas du tout de thon rouge pêché par les thoniers industriels
- soit Leclerc souhaite commercialiser du thon rouge pêché artisanalement ET du thon pêché par les bateaux industriels, en faisant une exception pour ceux-ci...

Le service communication des enseignes E.Leclerc a donc réagi aux attaques de Greenpeace:
"Le 18 février dernier, nous avons fait paraître un communiqué de presse intitulé :
« Ressources halieutiques : E.Leclerc concilie responsabilités écologique et économique ».
Il était ici question de prendre position sur la pêche des espèces de poisson menacée de disparition. Malheureusement, il semblerait que nous n’ayons pas été assez clairs sur notre ligne de conduite puisque Greenpeace nous accuse aujourd’hui de manipuler le public et de poursuivre une commercialisation qui serait néfaste à la survie de ces espèces.
Au contraire, dans notre communiqué, nous nous sommes engagés à ne proposer que du thon rouge provenant exclusivement de la pêche artisanale, ce qui exclue tout achat de thon rouge provenant des 28 senneurs listés en annexe 1 de l’arrêté du 28 janvier 2010 (Arrêté établissant les modalités de répartition du quota de thon rouge accordé à la France pour 2010).[...]"

Leclerc s'en tire de justesse, mais l'accusation de Greenpeace a été relayée dans les médias... alors que je n'ai pas vu passer le communiqué de presse!

1 commentaires:

Yonnel a dit…

La réaction de Leclerc est ici : http://www.mouvement-leclerc.com/content/xml/mouvement_fr_developpement_durable_commerce_equitable.xml

Comme quoi, ça tient à pas grand-chose. Une formulation ambiguë, et vlan, voilà la controverse. Considérer que cette précision (celle que Leclerc a mise en astérisque en-dessous du texte) était accessoire, c'était mal vu. Pêche industrielle et intensive contre pêche artisanale à plus petite échelle, c'était l'essentiel pour les ONG. Le rattrapage de situation par Leclerc est net, mais pourquoi alors ne pas avoir mis les choses au clair tout de suite ??? (Je sais, on en parle plus...)

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